BANDE DESSINÉE
Éditions Dargaud (réédition)
Dans la pénombre d’une pièce, un halo de lumière crue braqué sur un bureau. Sur le bureau, un dossier, énorme. En face, rabougrie sur une chaise, une silhouette vêtue d’une toge. L’exilé numéro 214. Il est là pour défendre sa demande d’asile : pour obtenir le précieux sésame, il doit raconter son histoire. Mais il n’est pas seul, autour de lui, des « ombres » ? ceux qui ne sont jamais arrivés ? l’exhortent à la vérité.

Alors, au fonctionnaire aussi imposant qu’impassible qui se trouve en face de lui, il va tout dire : les cavaliers sanguinaires, l’ogre capitaliste, le serpent-passeur, la grande mer, les sirènes… l’autre monde. L’errance, la peur, la faim, la violence, l’horreur : tout. Et son sort sera scellé. Une fable contemporaine sincère et émouvante qui raconte l’exil et l’émigration sous un angle métaphorique.
Ma note : 4,5/5
Nouveauté 2020
184 pages
Disponible au format numérique et cartonné
MON AVIS
Au hasard de mes divagations dans ma médiathèque, je suis tombé sur ce roman graphique. Juste cette couverture. Pas de résumé. Je feuillette. Les illustrations abstraites attirent mon attention mais elles ne me convainquent pas plus.
Rares sont les romans graphiques qui traitent de l’immigration. Cet adolescent transi de peur, seul, face à l’imposant système bureaucratique inhumaine. Le mensonge apparaît comme l’unique solution pour enfin vivre sur ces terres paisibles, derrières les portes closes. Mais les ombres le poussent, le supplient de raconter sa véritable histoire, leurs véritables vies.
Récit onirique percutant et magnifique, Zabus raconte le silence de la honte, de la perte d’identité, de l’exil forcé par l’idéologie extrême de la religion. Il pointe du doigt le système capitaliste de ce business humain, chair à canon d’un autre genre de guerre. Un conte moderne et touchant portait par des illustrations jouant avec l’abstrait et nos émotions.

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