BIOGRAPHIE

Éditions Bayard Graphic’

Un matin qu’elle se promène avec son fils, bébé, Isabelle Maroger se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race »… Un choc pour Isabelle, qui réalise qu’il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c’est parce qu’elle est à moitié norvégienne. Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens.
Ma note : 4/5

Mon avis

Une des sorties phares de ce début d’année et une fois lu, on comprend très bien pourquoi.

 

Isabelle Maroger raconte avec vivacité et humanité, l’histoire de sa famille, de sa mère née dans un Lebensborn en Norvège. Pouponnière mise en place par Himmler afin de repeupler le territoire avec des enfants correspondants aux critères aryens. C’est affligeant et révoltant et pourtant véridique. Les soldats devaient séduire les jeunes femmes « spécifiques » afin de leur faire des enfants, souvent « hors mariage ». Ce qui à l’époque était inconcevable. 

 

En-dehors de l’immoralité de ce concept, de nombreux enfants y sont nés. Certains ont grandi avec leurs mères, d’autres ont été adoptés. C’est le cas de Katherine Maroger recueillie en France. Elle raconte son histoire dans « Les racines du silence », et sa fille Isabelle l’a adapté en bande dessinée.

 

Une histoire d’héritage, de silence et de peur. Une histoire douloureuse d’abandon où l’envie d’en découvrir davantage est pressante. Des déceptions, des désillusions et parfois le bonheur d’enfin relié deux bouts de soi.

 

Le dessin d’Isabelle Maroger est tout simplement magnifique et simple. Les couleurs pastel ont ravi mon cœur. L’histoire est de loin la plus émouvante que j’ai pu lire.

 

Ce roman graphique s’inscrit dans une logique du souvenir familial et dans un aspect historique oublié.

Laisser un commentaire