
Littérature allemande
Éditions Le Livre de Poche
Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu. Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien.
Or ce monstre de Grenouille, car il s’agissait bel et bien d’un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes ».
C’est son histoire, abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd’hui porté à l’écran. Traduit de l’allemand par Bernard Lortholary.
Ma note : 4,5/5
Mon avis
Voici un roman bien singulier et je comprends pourquoi il fait partie de ces classiques à lire à tout prix. Patrick Süskind nous immerge au cœur de la France du 18e siècle. Un Paris brouillon, nauséabond, violent où la survie ne tient qu’à un fil pour le peuple. Jean-Baptiste Grenouille a vu le jour sous un étal. Sa mère, exécutée pour négligence, Grenouille entre dans la vie par la grande porte de l’abandon. Petit garçon atypique qui ne parle guère, son monde se résumé aux odeurs qu’il va se mettre à catégoriser. Un monde loin de la violence, de la persécution et de l’abominable qu’il subit quotidiennement. Tout au long de son parcours de vie chaotique, il y croisera un tanneur, un parfumeur, un gentilhomme et des femmes.
Si son hyperosmie est un don du ciel, il deviendra rapidement un enfer dans lequel la quête de l’amour prend un tournant sanglant. Dans cette quête de la beauté, du bonheur et du respect, Grenouille s’empêtre dans un premier temps, se perd dans sa rêverie compulsive. Puis au fil de ses pas, son ambition se confirme, son talent s’aiguise et son désir s’amplifie dans cette folie d’atteindre la perfection, le Graal, le summum. Atteindre Dieu dans cette grandeur éblouissante et mystique.
Grenouille est un personnage attachant. Ses tares, son départ dans la vie y sont pour grand-chose. Sa quête de l’absolu m’a peiné. Sa quête de l’amour et de la reconnaissance sont des thèmes universels et d’actualité. Patrick Süskind s’attaque à ce sujet avec une certaine drôlerie et empathie (peut-être). Il développe son récit par différentes étapes croissantes du personnage. L’univers du parfum est amplement décrit et sans connaître les odeurs citées, j’en ai eu plein le nez. Personnellement, ce n’est pas une sensation qui m’est agréable et a rendu ma lecture somnolente et longue.

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