ESSAI

Éditions Les Petits Matins

Si nous ne changeons rien, nous aurons vidé les océans de tous leurs poissons avant le milieu du siècle. 80 % des stocks sont actuellement en limite d’exploitation, en cours d’effondrement ou déjà disparus.
Quels mécanismes ont conduit à cette situation ? Pourquoi les États ne jouent-ils pas un rôle de régulateurs ? En quoi les subventions publiques encouragent-elles le pillage des ressources ? Pourquoi les fameux quotas sont-ils inefficaces ? Pourquoi l’aquaculture, loin d’être la panacée, constitue-t-elle une impasse ravageuse pour l’environnement ?
Cet ouvrage brosse un panorama mondial de la surpêche ; il avance aussi des solutions pour sauver la ressource autant que l’emploi, notamment par l’inscription de l’activité dans des schémas de développement locaux et non plus dans des logiques industrielles.
Pour un tiers de l’humanité, la mer constitue l’unique source de protéines animales. C’est donc bien d’un enjeu de survie qu’il s’agit.
Ma note : 3/5

Mon avis

Peut-on considérer que la surpêche est un problème écologique ? Stéphan Beaucher répond minutieusement à cette question et démontre que ce bien commun, que sont les poissons, mérite une réflexion qui à long terme sauvera ou non un système complexe.

 

Stéphan Beaucher retrace l’évolution de la pêche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et pointe du doigt les décisions politiques qui ont affaibli les petites structures (et environnement direct) et qui ont donné plus de libertés pour les gros armements (entreprises de pêche). 

 

Au travers de huit parties qui explorent le milieu marin, la pêche française, la pêche mondiale, la crise, l’Histoire, la politique commune de la pêche (Europe), les fausses solutions et les alternatives à une pêche raisonnée et raisonnable, Stéphan Beaucher argumente son discours avec des relevés évocateurs, analyses effectuées par différents organismes et organisations.

 

Il en ressort que les politiques menées dans un premier temps par les différents gouvernements français et puis par les directives européennes, ont crée une cacophonie ambiante où le capitalisme prévaut sur la raison et les questions écologiques. Au niveau européen, les Français sont qualifiés de mauvais élèves se faisant taper régulièrement sur les doigts pour des décisions allant à l’encontre de la politique commune de la pêche.

 

Ce livre, édité en 2011, m’a permis de mesurer l’ampleur de la catastrophe à venir et de découvrir l’envers du décor où la surpêche était préférable. La pêche est un business lucratif. Chaque partie est développée, détaillée et appuyée par des analyses. Un essai amplement complet et qui s’attaque à tous les points. Cependant, la partie climat et fonds marins ne sont pas du tout abordés. Peut-être que cet aspect n’avait à l’époque aucun sens ! Les livres sur cette thématique sont rares et c’est bien dommage. En-tout-cas, il est bien de souligner que le Conseil d’État a interdit de fin janvier à fin février, la pêche (dans le Golf de Gascogne) afin de préserver les dauphins. 

 

N’oublions pas que la pêche est une ressource alimentaire et financière pour une grande partie de la population se situant dans l’hémisphère sud.

 

Lu dans le cadre du challenge #annéeauvert2024 proposé par @daphnebouquine. Thème du mois de juin : les océans.

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