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Éditions Marchialy

Depuis la nuit des temps, l’homme déplace les animaux pour les emmener vers de gras pâturages. Ces dernières années, cette transhumance s’est accélérée et mondialisée. Nos animaux naissent dans un pays, sont engraissés dans un autre et tués dans un troisième, au gré de logiques industrielles et culturelles. Veaux, agneaux, cochons sont ballottés dans des conditions souvent déplorables, malgré les réglementations européennes. Heureusement, des hommes et des femmes s’organisent. Filatures, infiltrations, toutes les méthodes sont bonnes pour obtenir des informations sur le transport des animaux et faire respecter la loi.

Émilie Fenaughty a suivi ces activistes qui dénoncent les mécanismes absurdes d’un industrie déshumanisée à l’heure de l’urgence climatique.
Ma note : 4/5

Lorsque nous vivons dans le déni

La question autour du commerce de la viande est un tabou. Même si à l’heure actuelle, elle tend à une ouverture des esprits, il est évident que la méconnaissance du sujet est à la hauteur de la surconsommation. Émilie Fenaughty a suivi des activistes sur de nombreuses missions dans le but précis de décrire cette incroyable vérité. Son humour caustique tranche avec un réel morbide et inhumain. 

 

Doit-on supposer que les animaux ne sont pas dotés d’intelligence émotionnelle ? Même ceux que nous mangeons ? 

 

Petit rappel de la définition d’Homo Sapiens : Plus généralement, il se distingue de toute autre espèce animale par l’abondance et la sophistication de ses réalisations techniques et artistiques, l’importance de l’apprentissage et de l’apport culturel dans le développement de l’individu, mais aussi par l’ampleur des transformations qu’il opère sur les écosystèmes. (Source Wikipédia).
Mais, surtout n’oublions pas que nous sommes à l’origine de l’anthropocène et que nous sommes les seuls acteurs de l’évolution du monde. (Fin de l’aparté).

 

Émilie Fenuaghty nous invite à prendre conscience de cette économie et de ce qu’elle engendre pour les animaux avant de se retrouver dans votre assiette. Du veau irlandais de trois semaines qui se retrouvent dans une bétaillère avec beaucoup d’autres, se voit parcourir des milliers de kilomètres, prendre le bateau et arriver au Pays-Bas dans une ferme d’engraissement pour se finir dans une barquette quelques mois après. De la génisse « pleine » de la Pologne, enfermée dans une bétaillère sans eau ni alimentation, mettra bas en Irak. Des navires bétaillères où le personnel n’hésite pas à jeter les carcasses dans la mer. Des poulets qui n’ont jamais vu le soleil. Et tant d’autres.

 

Autant d’exemples qui font froid dans le dos et qui nous invitent à nous poser les bonnes questions. Sans pour autant faire un sermon sur la consommation de la viande, Émilie Fenaughty nous incite à réfléchir sur une consommation raisonnable et raisonnée. Les animaux ont droit à un transport décent où l’eau et la nourriture sont à disposition, où le temps de transport est respecté ainsi que les pauses. Le règlement de l’Union européenne relatif à la protection des animaux pendant le transport (CE n°1/2005), modifié en 2017 (règlement modificatif UE 2017/625) et pour laquelle la Commission européenne a adopté un acte d’exécution en 2023 (règlement exécutif UE 2023/372), a malheureusement ses limites laissant croître les dérives sur le territoire européen au profit de l’essor capitaliste.

 

Émilie Fenaughty nous propose une vulgarisation du sujet tout en soulevant ses limites avec des exemples concrets portés par des associations (L214, Eyes on Animals, Ethical Farming Ireland, AWF…) dénonçant les faits et enjoint à la responsabilisation des acteurs du secteur et des consommateurs.

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