
THRILLER PSYCHOLOGIQUE
Éditions Academia – Collection Noirs desseins
Bruxelles, 1907. Une jeune Zélandaise est engagée comme gouvernante de la fille de Victor Horta, célèbre architecte Art-nouveau. Dans le huis clos oppressant de sa maison labyrinthique, elle est confrontée à d’étranges apparitions. Hantée par ses propres démons et intriguée par les cachoteries des domestiques, elle explore les zones d’ombres de la maison pour tenter d’en percer les secrets. Y parviendra-t-elle sans perdre la raison ?
Ma note : 3,5/5
Une bien étrange maison
Je retrouve Lia Capman dans un tout autre registre. Bruxelles, début du XXe siècle, où les nouvelles inventions fleurissent chez les particuliers les plus aisés. Le contexte historique est très riche et voit apparaître les premiers mouvements sociaux mais, surtout au niveau culturel et artistique (Art nouveau).
Une jeune fille, Anna, qui vient de vivre des moments terribles, quitte sa terre et sa maison natale pour la capitale. Alors que son père s’est engagé sur un navire au nord de la France, elle est recrutée comme gouvernante pour la jeune fille du célèbre architecte Victor Horta qui a réellement existé et je vous invite à voir son œuvre sur Internet. Si l’adaptation dans ce nouvel environnement est rapide, le malaise qui la saisit dès le départ devient pressant. Des bruits inquiétants la réveillent la nuit. Une ombre semble la surveiller. Une petite fille insaisissable rode. Sa petite protégée est mélancolique. Et la régisseuse ne lui est pas sympathique. S’ajoute à cela, l’absence de nouvelles de son père et le poids d’une culpabilité grandissante. Malgré une maison hors norme qui semble être un tableau vivant, cette magnificence devient une prison loin d’être dorée. L’atmosphère s’appesantit, des événements étranges se déroulent, les angoisses sont de plus en plus nombreuses jusqu’au point fatidique où tout se précipite.
Lia Capman nous offre un premier thriller original et inquiétant. L’essentiel se déroule dans cette pression psychologique qui s’enlise et pour laquelle aucune issue n’est possible. Le décor contraste avec les personnages effacés, atypiques et malveillants. De plus, le contexte artistique est très important et mis en avant par Lia Capman, historienne de l’art. Le récit, par moment lent à mon goût, s’achalande autour d’un huis clos stressant. Finalement, l’intrigue est menée d’une main de maître pour dévoiler une dernière scène surprenante.

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