LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Librinova

1989. Lorsque Pierre retrouve Nadia aux funérailles de son ex-épouse, les deux se reconnaissent sans échanger un mot. Vingt ans les séparent de leur dernière entrevue. Le père, à la corpulence imposante, a simplement vieilli. La fille, au profil grave, est devenue une célèbre cantatrice. Nadia a trente ans, elle attend un enfant, seule, et ne tardera pas à reprendre contact avec son père.
À la naissance de Soledad, sa petite-fille, Pierre, émerveillé, bascule dans un nouveau rôle. En grandissant, la fillette se révèle différente. Là où les autres enfants s’approprient le langage avec aisance, la petite cherche un chemin vers les mots. Nadia ne l’acceptera pas. Pierre deviendra le papi de tous les jours, de tous les instants, de tous les chagrins, comme de toutes les joies.
Entre le grand-père et sa petite-fille se crée un lien indéfectible, au cœur duquel la musique et le piano prennent une place centrale. Il faudra des années de persévérance et la force de l’amour pour que chacun accomplisse sa transformation et mette au jour ses désirs.

Au nom de l’amour

La vie a son lot de déconvenues et Pierre est le premier à reconnaître qu’il a été incapable de se lier à sa fille dès ses premiers mois de vie. Il a baissé les bras, car cela était plus simple pour lui, plus facile, une lâcheté salvatrice. Alors qu’il assiste aux funérailles de son ancienne épouse, il croise le regard de sa fille seule et enceinte. Nadia ne tardera pas à le recontacter. Pour renouer des liens ?

 

Pierre est un grand gaillard aux doigts faits de douceur. Son rêve était de devenir pianiste, mais la vie en a décidé autrement. Boucher à Rungis, son métier alimentaire et de nuit, ne lui confère aucune satisfaction. Lorsque sa fille débarque chez lui avec l’intention de renouer des liens, son quotidien s’en trouvera bouleversé. C’est ainsi qu’il deviendra grand-père. Soledad grandit et présente quelques atypies. Il se questionne, fait des recherches et participe à une conférence qui viendra apporter les réponses à toutes ses questions. Face au déni de sa mère, Soledad s’accroche à son papi, seul qui comprend sa différence et qui veut l’aider. Les années s’enchaînent. Des rencontres merveilleuses et de l’espoir à profusion jalonnent la vie de la jeune fille.

 

Laurence Martin signe un nouveau roman bouleversant où les émotions s’entrechoquent et viennent confrontaient la douceur, la bienveillance et la passion d’un homme à qui on a offert une seconde chance. Il est question de pardon, d’empathie, de relations familiales et de handicap. Un roman qui me touche particulièrement notamment en ce qui concerne le handicap. C’est une histoire riche en effusion. On suit, avec ténacité, l’avancée de Soledad, mais aussi le combat de Pierre. L’amour devient la pierre angulaire de ce récit. L’amour est le symbole de l’espoir, celui qui fait grandir et qui donne des ailes, mais aussi celui que l’on décide de donner, de confier à une autre personne. Elle décortique les liens familiaux entre abnégation et toxicité. C’est un roman émouvant porté par une écriture juste qui transmet l’effervescence et les affres avec une certaine poésie. De plus et concernant le handicap, Laurence Martin n’extrapole pas et décrit les différents troubles avec rigueur sans tomber dans ce sentiment de pathos.

 

Une histoire bouleversante où la sensibilité, l’humilité, la bienveillance et l’empathie résonnent. Une histoire de transformation et de pardon sur le chemin parfois compliqué des à priori, du déni, de l’intolérance et de la surprotection.

 

Merci pour ses merveilleuses larmes et pour mon premier coup de cœur littéraire de l’année.

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