RÉCIT ROMANCÉ
Ateliers Henri Dougier – Collection Le roman d’un chef d’œuvre
108 pages

« Je marche. Infiniment je marche. Je m’appelle Raoul, Jean ou Paul, je n’ai pas de nom et j’ai tous les âges. Enjambant le temps, je suis cette silhouette blanche et omnisciente qu’Alberto, sa vie durant, a portée en lui : genèse lente et hésitante, inépuisable obsession. »
Dans le Paris de l’après-guerre, avide de penser un monde nouveau, un homme, reclus dans l’atelier miséreux qui lui sert de logis, façonne, taille, retaille, creuse, lisse, avec obstination et sans relâche. Le soir venu, il détruit tout et recrée ses œuvres dans une quête perpétuelle de vérité artistique.
Sous ses doigts se dressent bientôt de nouvelles figures, filaires et diaphanes, au bord de l’abstraction. Puis un homme, fendant l’espace de sa minceur, qui, les pieds ancrés au sol, avance. Alberto Giacometti vient de créer L’Homme qui marche, son œuvre majeure.
​Écrit sous forme poétique et introspective, l’auteure donne vie à l’atelier de l’artiste et à L’Homme qui marche, figure longiligne, meurtrie et dépouillée de tout, qui avance malgré tout. Symbole universel de la condition humaine confrontée aux traumatismes de la guerre, cette œuvre incarne la fragilité mais aussi la persévérance et l’espoir d’un monde en reconstruction.
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LA MAÎTRISE OU RIEN

Aurélia Cassigneul-Ojeda signe un récit stupéfiant et enrichissant. 
L’auteure nous plonge dans l’intimité quasi-rigide d’Alberto Giacometti. Peintre, sculpteur de renom, son quotidien s’articule autour de la frustration artistique et de la liberté mondaine.
Perfectionniste, le moindre détail se doit d’être conforme à l’image mentalisée. Toute aspérité doit façonner le mouvement fluide. Il fait, défait, façonne, détruit, remodelé. Indéfiniment, à la recherche de la perfection visuelle.
Ce narrateur, d’abord mystérieux, nous permet de nous fondre dans ses observations. Phrases après phrases, il dépeint l’artiste en proie à ses plus profondes peurs, à sa quête de réussite, à ses désillusions et à ses peines. Un tableau sombre où s’entrechoquent la colère, la haine de soi, la tristesse et l’épuisement. 
Au-delà de l’homme brisé, il aspire à une humanité sans guerre et destruction. 
Aurélia Cassigneul-Ojeda a su capturer les faiblesses de l’homme qui a su les transfigurer, les bâtir et les métamorphoser. Afin de laisser un héritage porteur de sens, de persévérance et d’humilité.
Un récit romancé d’une beauté subtile et aux cris silencieux !
Cette collection est une pure merveille et puits de culture.

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