En ce début de XXIe siècle, l’alliance chaotique de Donald Trump et d’Elon Musk a fait surgir une créature technopolitique à deux têtes. L’une orchestre le show, l’autre code le système. Quelque chose d’insaisissable est pourtant à l’œuvre.
Gourous de la Silicon Valley et idéologues néo-réactionnaires orchestrent un fascisme-simulacre annonciateur d’un bouleversement plus profond. Un nouveau régime, hybride, où l’État s’efface… pour mieux tout contrôler.
L’emprise avance en silence, à l’échelle planétaire. Un empire cognitif reconfigure la démocratie, colonise les corps et les esprits. Depuis le laboratoire américain où s’expérimente le futur, ce livre décrypte le logiciel techno-totalitaire. Dans le monde qui vient, vous ne serez pas augmentés. Vous serez programmés.
Le futur est déjà là. La dystopie cyberpunk n’est plus une fiction, c’est notre réalité. Comprendrons-nous à temps ce qui se joue ?
Asma Mhalla signe un essai coup de poing pour nommer la nouvelle arène du pouvoir. Et défendre ce qu’il nous reste : notre liberté.
Asma Mahlla a un don. Celui d’expliquer l’inexplicable et le rendre compréhensible pour les simples mortels.
C’est au détour de mon scrolling sur les réseaux sociaux que je suis tombé sur une vidéo de promotion de Cyberpunk. Il est peut-être déplacé de dire que je suis tombée sous le charme de son éloquence.
Je n’ai jamais autant corné les pages de mon livre tant ce qu’il en ressort est capital, révélateur et éveille les consciences. Asma Mhalla met en exergue cette nouvelle Amérique dirigée par une Donald Trump plus que revendicatif et un Elon Musk, niveau suprême des nouvelles technologies. Un “duo technopolitique” qui façonne le monde en devenir et qui nous influence directement via les réseaux sociaux et autres plateformes. “ De cette synthèse naît un régime politique hybride, technoïde, post-démocratique et autoritaire.”
Les moyens sont aujourd’hui une puissance de masse qui manipule les opinions sur fond de peur, de différence, de souveraineté de race et de politique.
“Le fascisme-simulacre n’est pas un accident, mais un fascisme de transition qui prépare le terrain pour un autre type de pouvoir. La transition est en cours. Elle ne se fera probablement pas par un choc brutal, mais par une normalisation des outils quotidiens. On aurait pu en faire du progrès, la cyberdystopie américaine en a fait une prise de pouvoir sans résistance. Car la véritable promesse, on l’aura compris, n’est pas l’émancipation, mais l’hyper-stabilisation d’un corps social sous cloche, là où plus rien ne dépasse. Sous contrôle total.”
Cet essai est un condensé d’arguments et d’exemples qui étaient cette thèse avec force et conviction. Un essai qui alerte et qui ouvre à la réflexion et à repenser notre monde dans un système où l’humain serait central.
Fascisme, civilisation, peur, fermeture des frontières “gaslighting politique”, manipulation perverse, totalitarisme, autant d’éléments qui nous prouvent que notre monde mute.
Et la France dans tout ça ? Asma Mhalla n’inclut pas dans son argumentaire notre cher pays (qui prend l’eau : c’est mon avis personnel), toutefois, elle mentionne quelque peu l’Union européenne. “Le Vieux Continent ne souffre pas tant d’un déficit de moyens que d’un déficit de cap. Face au nouvel ordre technopolitique, elle ne se positionne ni en adversaire, ni en alternative. Car voilà, l’Europe ne sait plus qui elle est. Être le “follower” des États-Unis ne signifie pas seulement être en retard, c’est être incapable de formuler un discours sur le monde. Le problème, c’est qu’elle est d’abord encombrée d’elle-même. Elle n’a pas perdu le pouvoir, elle l’a délégué à ses systèmes : comités, cadres, budgets, directives. Ce n’est plus une souveraineté absente, mais absurde. À force de ne vouloir heurter personne, l’Europe a programmé son impuissance. Elle confond prudence avec lucidité, consensus aves stratégie, et croit encore qu’en multipliant les règles elle finira par exister dans le chaos algorithmique mondial.”
Vulgarisé et accessible à tous, l’essai d’Asma Mhalla dépeint un avenir non-glorieux et pour lequel il encore temps, qu’il bascule dans la lumière.
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