Dans un village reculé, le père Marceau veille sur les âmes comme on garde une mémoire fragile. Mais lorsqu’un jeune garçon lui révèle ce qu’il n’aurait jamais dû savoir, c’est tout l’édifice de sa foi, de sa mission, de sa vie, qui commence à vaciller. Pour un serviteur de Dieu, il est des vérités qu’on ne peut pas porter seul, des fautes qu’on ne peut pas absoudre. Et, un moment, peut-être, où l’homme prend le pas sur le prêtre qui, en voulant changer de vie, est assassiné. Du moins, c’est ce qu’il croit… Certaines morts ne sont, en réalité, que des passages. Animal memoriam est le récit d’un glissement intérieur, de la lutte d’un croyant entre conscience et tentation. Jean-François Regnier signe avec Animal memoriam son roman le plus personnel. Ce neuvième livre interroge ce qu’il nous reste quand tout s’effondre : la foi ou la mémoire.
Pour le père Marceau, être au service de Dieu était une évidence. Il lui a voué sa vie de nombreuses années. Peut-être la lassitude d’un quotidien morne ou alors, cet enfant turbulent, blagueur qui le pousse à envisager un autre avenir.
C’est lors d’une confession, que le Père Marceau apprend que le père du jeune garçon aurait enterré un sac rempli d’argent dans le jardin familial. Est-ce une tentation du diable ? De la convoitise ? Le père Marceau n’a alors plus qu’une idée en tête, s’en emparer du magot pour vivre comme il l’entend. Il prévoit méticuleusement un plan machiavélique, au point de manipuler l’enfant. Alors qu’il touche au but, c’est une balle tirée par le propriétaire qui le projette dans la vie d’après.
Une vie loin de l’ordinaire. Le voici dans la peau d’un ours qui se bat pour vivre et échapper aux hommes. Puis, dans celle d’un ara bavard, vedette d’un cirque et qui déclenche la jalousie d’une biologiste sans foi ni loi. Enfin, dans celle d’un chat qui parcourt des milliers de kilomètres pour enfin retrouver ce garçon. Car là était le but ultime du père Marceau.
Jean-François Regnier signe un nouveau roman qui nous interroge sur ce qui a de plus profond en nous. Sur ce Soi bâti parfois sur des fondations bancales qui tente de s’élever vers une version plus juste. Ces métaphores animalières parlent d’instinct, d’amour et de pardon. Elles nous poussent vers la justesse du vivant. Une nouvelle fois, Jean-François Regnier nous offre une lecture immersive et atypique.
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