
LITTÉRATURE CONTEMPORAINE
Éditions Aux Forges de Vulcain – roman
David est metteur en scène de théâtre. Il apprend un matin que sa future mise en scène de La Tempête de Shakespeare ne se fera pas. Ce revers, le dernier d’une longue série, le plonge dans une profonde crise existentielle. Seul espoir à l’horizon : il doit garder sa fille car la crèche est en grève. David va lui jouer sa mise en scène de La Tempête.
MON AVIS
Théâtre et réalité quand la frontière devient l’ultime acte du désespoir.
David, comédien, metteur en scène, amoureux du Théâtre, des mots qui s’entrechoquent, du geste suspendu dans cette attente que tout devient magie, image d’un ailleurs. La vie de David bat au rythme de son amour pour Shakespeare. Un culte omniprésent, pesant, ultime à défaut de sa famille. Lorsque tout s’écroule et devient mirage, David plonge dans ce marasme de l’impossibilité et de la nullité.
Une grève à la crèche, une petite fille pas plus haut que trois pommes, souriante, enjouée où toutes les possibilités sont encore à faire et un père qui veut se prouver qu’il est toujours là.
Le salon devient un bateau, une plage où Playmobil et couvertures façonnent la magie des mots.
Tempête personnelle et Tempête Shakespearienne jouent une composition unique. Image contre image, mot contre mot, geste contre geste, acte vers l’apothéose de cette délivrance.
Eric Pessan m’a subjuguée. Je ne suis absolument pas une adepte de théâtre, genre auquel je trouve la verve trop saccadée et sans émotion en lecture). Et c’est là que je rejoins l’auteur, le théâtre se vit, se crie, se mime. Rire, larme, colère, amour, les émotions passent par le geste, par la voix. Eric Pessan parle du théâtre avec un enthousiasme communicatif. Un amour qui transcende tout au long de ses pages. Il lui donne une matière, une aura, un corps auquel il y raccroche tout ce qu’il peut. J’ai eu cette envie d’ouvrir la porte, de la pousser et de vivre les tourments de son personnage. Un partage incommensurable, une magie unique.
Eric Pessan parle des conditions du travail du monde artistique, des comédiens et comédiennes qui vivent au bon vouloir d’un certain élitisme politicard. La création au rabais souvent inaccessible. L’appauvrissement de la culture. Eric Pessan décrit avec vivacité les maux, l’oubli.

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