Au sommet d’une montagne vivent les guerriers les plus puissants du monde, des surhommes capables de manier des lames de glace. Depuis des centaines d’années, les combattants de la péninsule de Kusanagi tiennent les ennemis de l’Empire à distance, ce qui a valu à leur bout de terre gelé le nom d’Épée de Kaigen.
Lorsque les vents de la guerre commenceront à souffler, la famille Matsuda aura-t-elle la force de défendre les siens ? Ou ses membres s’entre-déchireront-ils avant même que les vrais ennemis n’atteignent leurs côtes ?
Misaki est une femme foncièrement à part. Sa jeunesse est rythmée par la liberté, le combat, les sentiments naissants. Ses expériences riches, violentes et multiples ont façonné une jeune femme à l’esprit ouvert, parfois critique et dont l’honneur et le respect sont importants.
Après cette jeunesse formatrice, elle devient une jeune épouse et une mère exemplaire. Cela bouleverse sa liberté et la soumission est une rude épreuve. Son mental est un atout précieux, mais elle se tait, se forgeant ainsi une allure austère. Mariée à un des frères Matsuda, héritier d’une longue lignée de guerriers intrépides, ses enfants portent à eux la froideur des hommes du clan. Leurs dons : créer des lances de glaces affûtées.
Une nouvelle menace semble grondée provenant d’au-delà de l’océan et portée par les vents. Elle décime tout sur son passage et pourtant, l’Empire se tait. Alors quand elle s’abat sur Kusanagi, la famille Matsuda et quelques guerriers se lèvent contre elle et se rappellent que leurs aïeuls les avaient vaincus fièrement.
Ce roman est une sacrée claque ! L’univers est maîtrisé avec perfection, nous y plongeant avec facilité. Les références à la culture japonaise y sont nombreuses et les rebondissements tout autant. Il y a ce quelque chose d’improbable qui s’y déroule et cela sort des schémas traditionnels de la fantasy. Au-delà du roman de guerre, l’auteure aborde de nombreuses thématiques comme : l’héritage, la place de la femme, l’ostracisme, la propagande et le deuil. Ce sont des sujets éprouvants dont Misaki s’empare. Une héroïne dans un monde masculin et patriarcal contrecarre ce système et arrive à se faire entendre. Il est là le petit plus qui rend ce roman magistral. Avec cette petite touche de magie, c’est d’autant époustouflant !
La fin ouverte pourrait laisser présager une suite, du moins, je l’espère. Une incroyable découverte de plus de 600 pages. Il est bien rare de lire de la fantasy de cet acabit. Mémorable !
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