LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Ateliers Henry Dougier – Collection le roman d’un chef d’oeuvre

116 pages


Roman mêlant fiction et enquêtes historiques mettant en scène la création d’un des premiers tableaux de Gustave Moreau qui marquera un tournant dans son art. À une période où le réalisme progresse, Moreau choisit une voie opposée avec une peinture de l’imaginaire.

Après sa défaite contre Alexandre le Grand, Darius, épuisé et brisé, erre dans un paysage sombre. Il s’éloigne de son char pour chercher l’apaisement dans l’eau d’un ruisseau de Bactriane. Autour de lui, ses esclaves et soldats le suivent, témoins silencieux de sa chute.

Assoiffé et accablé par la conscience d’avoir perdu sa plus grande bataille, Darius s’agenouille pour boire. Derrière lui, le bruit d’un cimeterre dégainé annonce la trahison imminente.

Le tableau Darius fuyant la bataille d’Arbelles de Gustave Moreau, présenté au Salon de 1853, reçoit un accueil très mitigé ; l’œuvre déroute par son esthétique déjà symboliste, en décalage avec les attentes réalistes du moment. Car ce tableau ne raconte pas seulement une bataille, elle représente la chute d’un roi, la fin d’une civilisation et la solitude tragique du pouvoir face au destin.

Cette œuvre, commencée à l’âge de vingt-cinq ans, marque un moment décisif dans l’évolution personnelle de Gustave Moreau. Avec elle, il s’engage dans une peinture de l’imaginaire, plus intérieure et mythique, plutôt que dans une peinture du réel.

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LE TABLEAU D’UNE VIE


Après une enfance douce auprès de parents aimants et malgré le décès de sa sœur, Gustave Moreau rêve de peinture, de paysage, d’évasion. Après des années de formation auprès d’illustres artistes, Gustave ne rêve que d’obtenir le prix de Rome, qui lui fut refusé à de nombreuses reprises. Ces échecs à répétition et cette reconnaissance qui ne vient guère, Gustave, devenu copiste, vit des quelques commandes que son père lui trouve.

La rancœur, la frustration, la culpabilité trouvent écho dans le tableau de Darius fuyant la bataille d’Arbelles. Ce dernier deviendra une obsession, une quête souvent détestée, parfois adulée, qui avance au gré des idées. Loin des représentations lumineuses des scènes mythologiques, Gustave Moreau retranscrit la noirceur, la pesanteur, le geste lent dans l’ombre, les visages capturés dans ce moment infini qui précède l’instant fatidique.

Camille Brunel retrace la vie de Gustave Moreau avec minutie et fascination. À la fois subjuguant, intrigant et envoûtant, l’auteur nous plonge dans l’univers de l’artiste en proie aux différents tourments de la vie. Un amour vain, une sœur décédée, des parents omniprésents : la vie et la mort en osmose. Peut-être a-t-il voulu représenter ses émotions dans le tableau de Darius ? Le poids de sa vie ? Mêlant ainsi sa réalité et la mythologie ? Une œuvre grandiose auprès d’autres tout autant magnifiques, les Salomés.

Camille Brunel signe un roman accaparant et passionnant qui alimente la curiosité et qui permet de découvrir le monde de Gustave Moreau.

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