
ESSAI
Éditions BAYARD | Collection Les petites conférences
64 pages
Néandertal, qui a foulé notre sol il y a 350 000 ans, a longtemps été considéré comme un être fruste et brutal à l’allure d’un singe. Aujourd’hui les indices se multiplient suggérant que les Néandertaliens pratiquaient à peu près toutes les activités que l’on pensait l’apanage d’Homo sapiens. Ils étaient de grands chasseurs et d’habiles artisans et avaient des pensées métaphysiques, puisqu’ils enterraient leurs morts.
« Certaines images avaient tendance à représenter Néandertal en train de manger un gros morceau de viande crue, bien saignante. Or nous nous sommes aperçus qu’il cuisait sa viande, qu’il savait faire du feu, et qu’il mangeait non seulement de grands animaux mais également des petits, des lièvres, des oiseaux, ou encore des coquillages marins comme les moules qu’il ouvrait en les jetant dans le feu. »
IL Y A TRÈS LONGTEMPS…
Existait un autre genre d’humain : Néandertal. Il a fait l’objet de nombreuses rumeurs, toutes plus dérangeantes les unes que les autres, notamment le fait qu’il serait sauvage.
Marylène Patou-Mathis, lors de sa conférence du 25 novembre 2017 au Centre dramatique national de Montreuil, lui redonne ses lettres de noblesse.
Elle déconstruit l’image ternie de Néandertal et, pas à pas, elle explore son mode de vie.
À l’appui de preuves, elle immerge son public dans leur quotidien, leurs coutumes, leurs déplacements, leur manière de vivre, de manger, de créer des outils, leur culte, leur savoir, leur médecine et leur extinction.
Une plongée très intéressante et riche en informations qui éveille la curiosité des petits et des grands. Une conférence accessible où l’ensemble du discours est vulgarisé et laisse place, à la fin, aux questions.
«Je voudrais terminer en vous disant que Néandertal a été rejeté, rangé parmi les dégénérés, les Hommes signes puis les Hommes inférieurs, dans les classifications du XIXe siècle qui cataloguaient les humains en “races”, mais il est avant tout un humain, différent de nous mais un humain. Les différences sont-elles un marqueur d’infériorité ou de supériorité ? Personnellement, je ne le crois pas.»

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