Alors que l’Amérique est en proie au chaos, aux catastrophes climatiques et à des pannes massives, le quartier de First Street, à Charlottesville (Virginie), est attaqué par des suprémacistes blancs. Un petit groupe hétéroclite parvient à fuir les enragés à bord d’un bus abandonné.

Avec à sa tête une jeune femme noire, Da’Naisha Love, il trouve refuge à Monticello, la plantation historique de Thomas Jefferson, une terre désertée de tous, sauf de ses fantômes.

Malgré la violence alentour, la vie s’organise au cœur de cette petite communauté naissante, par-delà les barrières sociales et raciales. Mais après dix-neuf jours d’une paix fragile, la terreur se rapproche. Da’Naisha glisse alors le récit de leurs journées de lutte entre les pages d’un livre de la bibliothèque…

S’inspirant des émeutes de Charlottesville et de l’assaut du Capitole, Jocelyn Nicole Johnson porte un regard lucide sur notre époque troublée. La fulgurance de sa narration donne à ce livre la puissance d’une prophétie politique. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sika Fakambi.

Ma note : 4,5/5

Si notre modèle socio politico-économique s’écroulait que se passerait-il ? Que deviendrait l’Homme sans loi, sans électricité, sans argent, sans cadre que nous garantit notre société moderne ?
 
Jocelyn Nicole Johnson répond à ces questions. Un premier roman court, incisif qui dépeint les peurs et la folie. Elle abat les barrières de la bienséance pensante et nous délivre au milieu de tout ce chaos déstructuré un message de courage, de bravoure et de bienveillance.

 

La Virginie, terre de Thomas Jefferson, un des cinq pères de la déclaration d’indépendance des États-Unis, et de l’esclavagisme, théâtre de barbaries. Le monde le climat s’écroulent. Face à la violence, un groupe de personnes arrive à s’échapper et à se réfugier à Monticello. Alors que les jours semblent annoncer le pire, Da’Naisha Love, jeune étudiante noire, écrit ses réflexions portées sur le monde, l’appartenance à une communauté stigmatisée, l’héritage, la terre, l’amour, la liberté, au cœur de ces murs chargés d’espoir et d’histoire.

 

Ritournelle éternelle de souffrance, de haine, de racisme. Cycle sans fin dont chaque génération tente de s’approprier avec modestie. Jocelyn Nicole Johnson signe un premier roman fulgurant et bouleversant. Un style franc, délétère qui décrypte avec fracas notre monde. Un récit puissant dénonçant une certaine hypocrisie et suprématie blanche. Instinct prodigieux de l’unité fédérant l’entraide, le respect et l’idéologie de la liberté, ultime espoir face à l’ignominie.

 

Un roman vibrant et criant tous les noms oubliés dans le silence mortuaire et des tombés à terre.

 

« Les armes étaient à mes yeux les instruments d’un pouvoir arbitraire, le risque possiblement fatal de méjuger la valeur d’un autre être que soi.« 

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