PÉTRICHOR de Laurent Georjin.

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LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions du Canoë

144 pages


C’est au cœur de l’été. Le fils aîné devenu Kathy vient d’être incinéré. La mère, le père et le fils cadet – le petit frère âgé de trente ans – se retrouvent dans la maison familiale qu’ils n’habitent plus depuis plusieurs années. Kathy est avec eux. Aucun ne perçoit sa présence. La mère, la dernière qui l’a vue vivante, semble la ressentir. Elle a toujours souhaité être proche d’elle, surtout après son départ survenu il y a longtemps. Il y a longtemps aussi qu’elle vit seule, douloureusement séparée du père qui a tenté de refaire sa vie. Petit-frère, lui, n’a pas encore commencé la sienne. Il lui cherche un sens, redoute de se tromper. Il est pourtant doué d’une conscience qu’il aimerait moins vive et dont Kathy connaît la valeur. Dans la chaleur épaisse, presque suffocante, alors qu’un orage monte, opacifiant le ciel, Kathy, la narratrice à la fois empathique et dure, dit l’histoire des liens défaits et d’un nouvel espoir. Ses mots sont comme la pluie qui rafraîchit l’air et donne à l’odeur de la terre mouillée le nom de Pétrichor.

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ÊTRE SOI


Il est né garçon, il a quitté ce monde en tant que femme. Kathy a quitté sa famille il y a longtemps, dans le but de poursuivre cette transformation qu’elle espère depuis tout jeune. Une dernière étape et elle sera entièrement elle. Sa famille ne l’a jamais comprise, soutenue, aidée, encouragée. Elle s’est construite à la force de son mental et de son idéal, oubliant la rudesse de la vie. Puis la fatalité, ou l’ironie, lui tombe dessus.

La mère, le père et le petit-frère sont réunis pour son incinération. Ce moment hors du temps les porte vers la maison familiale abandonnée. Les portes grincent. L’air rappelle ces moments où le bonheur vibrait et où tout a basculé. Les souvenirs s’emballent et les blessures resurgissent.

À tour de rôle, la mère, le père et le petit-frère se perdent dans leurs plus profondes et intimes réflexions. La première rencontre, l’amour, la naissance, puis une autre, le quotidien qui s’installe, la morosité, puis l’abandon, la solitude, les vies séparées ailleurs. Les interrogations sur la vie, celle qui est partie, celle qui débute et celle qui s’étiole. Les aveux et les dénis jouent une danse endiablée. Elle consume ou éveille l’âme et l’ego.

Pétrichor est un roman aussi doux que brutal. Il nous porte sur ce chemin où les sentiments sont bourlingués. Il peut nous poignarder, nous émouvoir, nous révolter. La poésie qui en découle nous met en apnée.

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