MON PETIT de Nadège Erika.

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LITTÉRATURE CONTEMPORAINE

Éditions Harper Collins Poche

208 pages


Belleville dans les années 1990 : chez Grand-Maman dans une cité HLM, Naëlle porte des robes à col claudine, apprend qu’il faut dire les « intempéries » et non un « temps de merde », passe devant des restaurants asiatiques qui exposent des canards sans tête.

Porte de Montreuil : chez Jeanne, sa mère, infirmière, libre et bohème, abonnée aux huissiers, c’est dîners Banania-biscottes, tourne-disque et les Jackson Five à fond.

Entre les deux, avec ses frères et sœurs, Naëlle fait la navette, grandit, pose des questions qui restent sans réponse, rencontre des hommes jamais comme il faut, tombe amoureuse de Gustave et devient mère à dix-neuf ans. Le drame attend son heure.

Un premier roman bouleversant sur une jeune fille décidée à vivre plus tôt que les autres. Sans savoir que les lendemains, parfois, vous scient les jambes.

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UNE VIE DE COMBATS


Naëlle a grandi entre Belleville, chez sa grand-mère, et la Porte de Montreuil, chez sa mère. Deux mondes à l’opposé, où l’amour s’exprime de différentes façons. Sa grand-mère est une femme stricte qui apprécie l’ordre, les bons mots, les beaux vêtements et l’hygiène. Malgré le petit appartement, l’amour y foisonne. C’est ici et dans ce quartier que ses souvenirs abondent. A contrario, sa mère est une femme libre qui enchaîne les partenaires, oublie de payer ses factures, laisse faire ses enfants et qui est loin d’être stricte. Nana vogue entre ces deux mondes où seuls ses frères et sœurs sont une constante invariable.
Puis, Belleville change. Sa grand-mère est obligée de déménager et l’univers de Nana vacille. L’école n’est plus la priorité, les petits boulots le deviennent, et l’amour arrive en grande pompe. Et Nana devient mère.

Nadège Erika nous embarque dans son premier roman avec la force du survivant et la rage chevillée au corps. Au-delà d’un roman social, l’héritage familial, les loyautés familiales et les drames tus sont la pierre angulaire d’un roman puissant sur le désir de vivre sa vie. Le personnage de Naëlle est à l’image de ces combattantes qui se relèvent sans cesse malgré toutes les batailles perdues. C’est une force de la nature qui apprend de ses erreurs et qui avance toujours.
Ce roman est d’une puissance sans pareille. Il m’a catapulté dans un monde rude où, de l’absence, est créé tout un univers : un parc, des restaurants, des rues, des magasins. La désolation et la douleur le parcourent aisément. Pourtant, la beauté y réside sans cesse.
Si “mon petit” était le surnom de Naëlle utilisé par sa grand-mère, ce dernier devient le cri du silence d’une femme meurtrie.

Magnifique découverte !

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